C’est sans doute la voiture de sport compacte la plus emblématique au monde. La Volkswagen Golf GTI est celle qui a créé une catégorie à part entière. Lors de son lancement en 1976, peu auraient parié sur un tel destin. Et pourtant, près d’un demi-siècle plus tard, la GTI s’est imposée comme une référence absolue. En 2026, elle célèbre ses 50 ans et le Belgian VW Club ne veut pas manquer cette étape symbolique. Notamment en donnant la parole à celles et ceux qui font vivre la légende de la Golf GTI au quotidien !
David De Breucker et son épouse Annie incarnent cette passion transmise au fil du temps. Devenus respectivement vice-président et responsable de la boutique du Golf GTI Classic Club, ils ont vu une fascination née à la fin des années 1970 se transformer en engagement durable, jusqu’à la création d’un club qui est aujourd’hui une référence pour les amateurs de Golf GTI classiques.
Coup de foudre automobile
L’histoire commence au tournant des années 1980, en plein âge d’or de la première Golf GTI. « Je suis né en 1962 », raconte David De Breucker. « Quand j’ai eu 18 ans, en 1980, on était en plein boom de la première Golf. Et la GTI, c’était le nec plus ultra ! On en voyait partout, dans toutes les rues. La GTI était incontournable et, à vrai dire, elle n’avait pratiquement pas de concurrence. »

Pour David, c’est un coup de foudre automobile. Sa fascination le pousse très tôt à collectionner tout ce qui touche à la Golf GTI, avant même de pouvoir en posséder une. « J’ai roulé pendant des années avec une Golf 1100 SC. Une fois mes études terminées, j’ai enfin pu acquérir ma première GTI : une Golf 2 noire de 1984. »
Mais pourquoi la Golf GTI a-t-elle marqué à ce point David De Breucker ? « Il n’y a pas une seule raison, mais bien un ensemble de choses », sourit-il. « Sa polyvalence est extraordinaire. C’est une voiture qui permet d’aller faire ses courses et d’aller faire la course. »
Un compromis rare, déjà pertinent à la fin des années 1970, et qui le demeure aujourd’hui. « Après le premier choc pétrolier, en 1974, les gens ont commencé à être plus attentifs à la consommation de leur véhicule », poursuit notre interlocuteur. « Et c’était aussi un des points forts du modèle. Nous possédons plusieurs Golf GTI des première et deuxième générations. Elles consomment 7 à 8 litres/100km, parfois moins. Cinquante ans plus tard, nous sommes dans les mêmes chiffres avec notre Golf 8.5. Mais quand on a besoin d'un petit peu de puissance ou simplement se faire plaisir, on peut le faire aussi. »

Partage d’une même passion
Comme toute passion authentique, celle de la GTI ne tarde pas à se partager. Au début des années 2000, alors qu’internet en est encore à ses balbutiements, les forums deviennent des lieux d’échange privilégiés pour les passionnés. Ainsi naît le forum “Passion Golf GTI”, dédié aux Golf des deux premières générations dans leur configuration d’origine ou équipées d’accessoires d’époque. David et Annie De Breucker s’en rapprochent naturellement, y trouvent des passionnés animés par la même exigence d’authenticité et, très vite, des liens se créent.

Quelques années plus tard, en 2005, cette dynamique virtuelle se concrétise dans le monde réel avec la création du Golf GTI Classic Club. « Au début, avec nos amis français, nous n’étions que cinq ou six réellement motivés », se rappelle David. « Nous avons rassemblé suffisamment de membres et créé une ASBL. Le club était d’abord ouvert aux Golf 1 GTI, avant d’élargir, il y a une dizaine d’années, l’accès aux Golf 2 GTI. Aujourd’hui, on envisage de peut-être aussi à accepter les Golf 3 GTI. Il y en a eu beaucoup moins. C’est peut-être la prochaine étape. »
Ce serait une évolution naturelle pour un club qui, depuis vingt ans, accompagne la GTI dans le respect de son héritage.
Passion, fiabilité et plaisir de conduite
Mettre des mots sur la Golf GTI n’est pas chose aisée. Pour David et Annie De Breucker, trois notions s’imposent pourtant naturellement, tant elles résument l’essence même du modèle. La première est la passion. « Ce sont des voitures qui ont une âme », expliquent-ils. « Cette passion qui ne se limite pas aux membres du Club, mais elle se manifeste à chaque sortie. Dès qu’on roule aujourd’hui, on sent ce capital sympathie. Ce sont des voitures mythiques, jamais agressives, immédiatement reconnaissables. »
Vient ensuite la fiabilité, un critère essentiel lorsqu’il s’agit de voitures anciennes. Produite en très grande série, la Golf bénéficie encore aujourd’hui d’une disponibilité de pièces rare pour un modèle de cet âge. « Quand vous êtes propriétaire d’une voiture ancienne, il faut pouvoir l’entretenir. La Golf le permet », confirme David.
Enfin, il y a le plaisir de conduite, celui qui s’exprime dès les premiers instants. « Dès qu’on s’assied dans la voiture, il y a l’odeur. Particulière. Identifiable. Cette signature sensorielle est propre aux Golf des deux premières générations. Elle est renforcée par le son mécanique et une conduite à la fois joueuse, progressive et agréable. En fait, c’est simple : le plaisir commence dès que vous vous installez à bord ».
De plus en plus féminin

Aujourd’hui, le Golf GTI Classic Club compte environ 80 membres et organise plusieurs activités durant l’année : rallyes touristiques, sorties circuit, participation à des meetings et salons. Et si le « membre type » était essentiellement masculin lors des débuts du Club, les choses ont bien évolué. « Au tout début, j'étais la seule femme », nous confie Annie De Breucker. « Il n'y avait que des hommes et ils passaient leur temps dans le moteur. »

Au fil des années, d’autres épouses et compagnes rejoignent l’aventure, jusqu’à voir arriver des familles entières. « Quand on fait des voyages dans les Alpes ou en Écosse, nos membres viennent souvent avec leurs enfants », reprend Annie. « Ils sont à 4 dans leur Golf GTI avec les bagages. Ça nous rappelle nos parents et les voyages que nous faisions avec eux en étant enfants. » Une évolution marquante, qui a modifié la dynamique du Club et renforcé les liens amicaux.

À l’aube de ses 50 ans, la Golf GTI continue donc de rassembler bien au-delà de la simple automobile. À travers le Golf GTI Classic Club, c’est toute une mémoire collective qui se transmet : celle d’une voiture accessible, passionnelle et intemporelle, capable de réunir plusieurs générations autour des mêmes valeurs. Entre authenticité, convivialité et plaisir de conduite, la GTI prouve qu’elle n’est pas seulement un mythe du passé, mais un véritable lien entre hier, aujourd’hui et demain. Une légende qui, manifestement, est encore loin d’avoir dit son dernier mot.
Pour en savoir plus sur le Golf GTI Classic Club
Le forum, la partie dépannage, réparation, présentation:
https://www.passiongolfgti.com/
Le site du club avec les événements, les actus, les fiches d’inscription :
https://www.golfgticlassicclub.com/
Le groupe Facebook:
https://www.facebook.com/groups/119026381451016/
Trois anecdotes
Un engagement en rallye provincial : « En 1988, j'ai eu l'opportunité de racheter la Golf 1 GTI de mon oncle, une 1600 avec une boîte de vitesses à 5 rapports. Et qu'est-ce que nous avons fait ? Nous avons enlevé tout ce qui était à l'intérieur. Nous avons gagné 3 kilos et demi, nous avons mis un arceau et pendant 3 ou 4 ans nous avons fait du rallye provincial. Nous étions de purs amateurs et nous avons fait ça en toute modestie. Nous mettions un bidon d'essence dans le break d'un copain, nous avions du fil de fer pour réparer... Nous ne sommes jamais sortis de la route. Modestement, j'ai appris à mieux connaître les limites de la voiture, mais aussi mes propres limites. C’était très intéressant et nous nous sommes beaucoup amusés. »

Un mariage en Golf de rallye sur la Grand Place : « Nous nous sommes mariés dans cette voiture, sur la Grand Place de Bruxelles, en 1990. Tout le monde venait avec sa Mercedes, sa Rolls-Royce… Nous, nous sommes arrivés avec notre Golf arceautée, recouverte de sponsors. Nous avions prévu un drap pour protéger la robe d’Annie. Nous avons toujours cette voiture et nous l’utilisons pour tous les grands voyages. »

Un pare-brise en Écosse : « Tous les deux ou trois ans, avec le club, nous organisons des voyages. J'adore les mettre sur pied. Juste avant d'arriver sur l’île de Skye, nous avons quand même vécu une drôle de situation. Un de nos participants avait éclaté son pare-brise. Alors vous imaginez… Sur l'île de Skye, un nouveau pare-brise ne se trouve pas dans le magasin d’à côté. Après quelques coups de téléphone, nous avons trouvé une solution et notre compagnon de route a pu rentrer sans souci en Ardèche. Après coup, c’est resté un très bon souvenir ! »
