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Une Première en ID.3 : séduction ou scepticisme ?

17 janvier 2021

Texte : Thomas Bastin 

En tant que passionné d’automobile et, plus encore, de sport automobile, cela semble être devenu incontournable. Pas une semaine ne se passe sans qu’un constructeur annonce une implication renforcée vers une mobilité électrifiée, totalement ou partiellement (via les voitures hybrides).

Autant ne pas se voiler la face : l’arrivée de l’électricité dans le domaine du sport automobile provoque davantage une levée de boucliers qu’un enthousiasme délirant. Pour beaucoup, vivre l’expérience du sport automobile, c’est activer ses cinq sens. Cela comprend aussi l’odorat et, surtout, l’ouïe. Un Flat-6 ou un V10 qui chantent dans les forêts ardennaises me font dresser les poils, comme si ces ondes et ces vibrations se répandaient dans tout mon corps. Ne le répétez pas, mais un jour, lorsque j’étais le long d’une spéciale de rallye, j’ai senti des larmes me monter aux yeux rien qu’en entendant le feulement d’une Porsche dans la vallée. J’avais été envahi par des émotions me rappelant à la fois des souvenirs d’enfance et toutes les raisons qui m’ont inculqué ce virus de la compétition sur roues. Bref, comme pas mal de passionnés de sport automobile, une évolution vers le tout électrique me donne, a priori, l’impression que quelque chose manquera dans l’expérience ressentie au bord d’un circuit ou d’une spéciale. Suis-je pour autant à classer parmi les sceptiques ? 

Dans tous les cas, j’ai appris qu’il faut vivre avec son temps et que rien n’arrête le progrès. En plus de toutes les mesures de préservation de l’environnement et de lutte contre le réchauffement climatique, il est évident que les normes imposées par les gouvernements – et notamment la Commission Européenne – sont tellement drastiques que l’électrification d’une bonne partie du parc automobile parait inéluctable. Et si de nombreux modèles phares sont électriques ou hybrides, il est tout aussi évident que c’est dans cette voie que se tourneront – ou se tournent déjà – les constructeurs automobiles pour leur implication sportive.

Peut-on être électrique et sexy ? 

En cette fin d’année 2020, c’est à tout cela que je pense au moment d’aller prendre possession d’une Volkswagen ID.3, prêtée pour une semaine par l’importateur. Volkswagen, c’est justement le constructeur qui a fait réaliser au passionné de sport auto que je suis que l’électrique peut être sexy. Le prototype ID.R, qui est parvenu à battre le record de l’impressionnante Course de côte de Pikes Peak dès sa première tentative (avec Romain Dumas en 2018), ne m’a pas laissé indifférent. Par son look, mais aussi par ses performances. Descendre de manière aussi nette le chrono réalisé en 2013 par Sébastien Loeb sur une Peugeot 208 T16 me paraissait inimaginable. Au niveau sportif, je trouve que l’automobile électrifiée a prouvé ce jour-là qu’elle ne serait pas éternellement la risée des fans de compétition pure et dure. 

Avec son prototype ID.R, Volkswagen avait voulu à la fois assurer la promotion de sa future gamme électrique et pousser certains de ses concepts technologiques au plus profond de leurs retranchements. L’ID.3 a certainement tiré quelques enseignements de cette chasse aux records. C’est donc en partie le fruit de ces recherches dans le sport que j’ai désormais sous les yeux.

Au premier regard, l’ID.3 affiche un look qui ne laisse pas indifférent. Personnellement, je lui trouve un côté sympathique, renforcé encore par ces phares qui s’allument lorsque l’on s’approche du véhicule avec la clé. Tiens, cette ID.3 vient de m’arracher un premier sourire.

Conduite active…

Le temps de s’habituer un peu à son nouvel environnement et… c’est une impression de facilité qui se dégage après quelques kilomètres derrière le volant. Il n’y a que deux pédales (une pour accélérer, l’autre pour ralentir), mais le frein moteur est tel avec la régénération – qui recharge la batterie tout en ralentissant le véhicule – que la pédale de frein sert finalement très peu. Derrière le volant, un petit levier permet d’ailleurs de choisir entre deux mode : D (Drive) ou B (Brake). Avec le premier, la voiture garde son élan lorsque vous lâchez la pédale d’accélérateur. En passant sur le deuxième, la régénération est beaucoup plus importante et le frein moteur est dès lors beaucoup plus présent. Si vous pouvez choisir de vous fixer sur l’un des deux, je me suis vite surpris à utiliser ce système pour anticiper le trafic. Objectif : toucher le moins possible la pédale de frein. Un feu qui passe au rouge ou une voiture qui ralentit devant moi ? J’anticipe en changeant de mode pour récupérer un maximum d’énergie. On est loin de la conduite purement sportive, mais cela devient amusant… et permet en même temps d’augmenter largement l’autonomie puisque l’on récupère de l’énergie. 

Parlons-en, de l’autonomie ! À n’en pas douter, elle constitue aujourd’hui, surtout aux yeux des grands voyageurs, le point faible des voitures électriques. Avec 300 à 420 km par recharge de la batterie de 58 kWh (le constructeur annonce même 547 km avec la plus grande batterie de 77 kWh), l’ID.3 ne permet certes pas de faire le trajet en une fois jusqu’à la Côte d’Azur, mais on peut traverser la Belgique de bout en bout à son bord. Pour l’usage quotidien d’une bonne partie d’entre nous, c’est plus que suffisant ! De retour chez soi, l’idéal est d’avoir une borne de recharge attitrée (appelée Wallbox) car la recharge sur le secteur traditionnel (une simple prise de courant de 220v) est certes possible, mais elle prend beaucoup de temps. Petit à petit, on voit aussi fleurir des bornes de recharge, notamment dans les parkings. Pratique… à condition que la place ne soit pas déjà prise. Du côté des gouvernements, il y a aussi du travail à faire pour que l’électrification du parc automobile soit accompagnée d’une évolution parallèle du nombre de stations de recharges. 

…ou aide à la conduite ?

En voiture se voulant résolument moderne, l’ID.3 propose une large panoplie d’aides à la conduite. Entre le régulateur de vitesse adaptatif et le « lane assist », qui maintient la voiture sur sa bande de circulation, on a parfois l’impression que le conducteur est materné ! Ajoutez à cela une anticipation intelligente de la route qui réduit la vitesse de votre voiture (par régénération) avant les virages d’une route sinueuse ou avant un carrefour, et vous comprendrez que votre véhicule requiert de moins en moins l’intervention du conducteur. D’un côté, c’est confortable. De l’autre, j’ai personnellement la conviction que cela peut nuire à l’attention portée sur la route en déresponsabilisant celui – ou celle – qui est derrière le volant. Mais cela fait aussi partie du progrès, parait-il.

Lorsque vous décidez de réellement la conduire en prenant totalement le contrôle, l’ID.3 se montre toutefois bien plus plaisante que ce que j’avais imaginé. Avec l’équivalent de 204 chevaux (150 kW), ses accélérations sont franches et, surtout, immédiates. Dans le milieu urbain ou péri-urbain, on a l’impression de se faufiler dans le trafic. C’est confortable, agréable et même amusant. Sur des routes sinueuses de campagne, l’équilibre de la voiture surprend aussi. Avec son empattement long et des roues aux quatre coins, son moteur électrique à l’arrière, ses roues arrières motrices et ses batteries logées sous le plancher, l’ID.3 offre une tenue de route bien plus élevée que ce que l’aspect extérieur laissait présager. Sur des routes bien sèches, la vitesse de passage dans certaines courbes n’a rien à envier à certaines voitures a priori plus sportives. Par contre, n’espérez pas profiter de la propulsion pour véritablement « jouer » avec la voiture : l’électronique intervient dès qu’une roue patine ou que la voiture pourrait commencer à glisser. Pour les constructeurs, la sécurité passe avant tout.

Si elle est clairement davantage un modèle familial (l’espace intérieur la rend très agréable et le volume du coffre est plutôt satisfaisant) qu’une voiture destinée à une conduite sportive, il n’empêche que la Volkswagen ID.3 offre un plaisir de conduite assez inattendu au quotidien. Et ça, sceptique ou pas, on ne peut que le reconnaître. Décidément, on n’arrête pas le progrès !

Si vous aussi vous voulez vous faire votre propre opinion, n’hésitez pas à vous rendre chez votre concessionnaire Volkswagen. Il vous proposera une essai gratuit et sans engagement de cette nouvelle ID.3. Chiche ?